{"id":1298,"date":"2026-05-04T15:28:56","date_gmt":"2026-05-04T13:28:56","guid":{"rendered":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/?p=1298"},"modified":"2026-05-09T11:09:32","modified_gmt":"2026-05-09T09:09:32","slug":"la-vie-a-glevenay-avant-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/2026\/05\/04\/la-vie-a-glevenay-avant-la-guerre\/","title":{"rendered":"La vie \u00e0 Glevenay avant la guerre"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Ce t\u00e9moignage de Mme Suzanne Belz, habitante de Glevenay, \u00e9t\u00e9 collect\u00e9 pendant l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;association de sauvegarde des chemins de Plouharnel, le 25 avril 2026. Les illustrations ont \u00e9t\u00e9 choisies et ajout\u00e9es par Nicolas Demassieux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le cheval breton, c\u0153ur de la ferme<\/h3>\n\n\n\n<p>Nous avions des postiers bretons : petits, r\u00e2bl\u00e9s, puissants. Finalement, c&rsquo;\u00e9tait la valeur s\u00fbre dans une ferme, parce que c&rsquo;est avec le cheval qu&rsquo;on fait les labours, c&rsquo;est avec le cheval qu&rsquo;on va porter le fumier pour engraisser la terre, c&rsquo;est avec lui qu&rsquo;on va r\u00e9colter \u2014 que ce soit le bl\u00e9, la betterave, les choux, etc. C&rsquo;\u00e9tait une donn\u00e9e essentielle.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"837\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5-837x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1301\" style=\"width:517px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5-837x1024.png 837w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5-245x300.png 245w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5-768x939.png 768w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5-1256x1536.png 1256w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5-1674x2048.png 1674w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5-221x270.png 221w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-5.png 1850w\" sizes=\"auto, (max-width: 837px) 100vw, 837px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le travail du fumier \u2014 Lucien Pou\u00ebdras : L&rsquo;\u00e9table a \u00e9t\u00e9 vid\u00e9e et le fumier est dirig\u00e9 vers la parcelle qui recevra bient\u00f4t les plants de pomme de terre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Finalement, les paysans ne souhaitaient qu&rsquo;une chose : pouvoir avoir deux chevaux. Mais c&rsquo;\u00e9tait un peu difficile pour une petite ferme d&rsquo;avoir deux chevaux, parce qu&rsquo;un postier breton, c&rsquo;est un peu un coffre \u00e0 grains. Tout le monde ne pouvait pas se permettre d&rsquo;en avoir deux.<\/p>\n\n\n\n<p>On faisait de la polyculture, essentiellement : un peu de bl\u00e9, un peu d&rsquo;avoine, un peu d&rsquo;orge, un peu de pommes de terre, un peu de carottes, un peu d&rsquo;oignons, un peu d&rsquo;ail, etc. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 table : repas, beurre et lait caill\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Les repas \u00e9taient tr\u00e8s simples. \u00c0 midi, c&rsquo;\u00e9tait la production qu&rsquo;on faisait soi-m\u00eame : les l\u00e9gumes et le porc qu&rsquo;on gardait en saumure. \u00c0 quatre heures, c&rsquo;\u00e9tait la chicor\u00e9e au lait, pain, beurre \u2014 puisqu&rsquo;on faisait notre propre beurre. Et le soir, c&rsquo;\u00e9tait alternativement, soit un grand bol avec du gros sel au fond, des pommes de terre bien chaudes et, dessus, du lait caill\u00e9 ; soit une farine qu&rsquo;on cuisait dans le lait avec un peu de sucre, qu&rsquo;on mettait dans une assiette un peu creuse et qu&rsquo;on laissait refroidir. Tout \u00e7a tenait parfaitement au corps et nous nourrissait tout \u00e0 fait correctement.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas si vous avez go\u00fbt\u00e9 cela. Comment faisait-on le beurre ? Quand on faisait la traite des b\u00eates, on mettait le lait dans des grandes jattes ; la cr\u00e8me montait \u00e0 la partie sup\u00e9rieure. Cette cr\u00e8me, on allait la mettre dans la baratte, et on la tournait. Il ne faut jamais trop la tourner, parce que sinon vous n&rsquo;aurez pas du beurre, mais de la cr\u00e8me chantilly. Il faut donc faire tr\u00e8s attention \u00e0 cette fa\u00e7on de fabriquer le beurre. Ensuite, on le r\u00e9coltait, on le mettait dans une jatte, on le travaillait avec du gros sel jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il ait rendu le lait de beurre \u2014 qu&rsquo;on buvait d&rsquo;ailleurs apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une vie modeste<\/h3>\n\n\n\n<p>Tout \u00e7a \u00e9tait une p\u00e9riode o\u00f9, au fond, on \u00e9tait relativement sereins, solidaires entre voisins. Je pense qu&rsquo;on \u00e9tait, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, heureux. Et puis nous n&rsquo;avions pas de d\u00e9penses contraintes.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez moi, on a toujours eu la chance d&rsquo;avoir l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. Mais avoir l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait avoir une ampoule dans la pi\u00e8ce principale \u2014 la pi\u00e8ce de vie \u2014 et une ampoule dans la chambre. Cette consommation, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de machine derri\u00e8re, n&rsquo;apportait pas de d\u00e9penses consid\u00e9rables. On n&rsquo;avait pas l&rsquo;eau : on allait \u00e0 la fontaine que vous connaissez \u00e0 Gl\u00e9venay. On n&rsquo;avait pas de chauffage, pas de t\u00e9l\u00e9phone, rien de tout \u00e7a \u2014 donc pas de d\u00e9penses contraintes, mais bien entendu pas de salle de bain, pas de toilettes, etc. Toutes ces choses qu&rsquo;on n&rsquo;imagine pas, aujourd&rsquo;hui, vivre sans.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ceci \u00e9tait une fa\u00e7on, on va dire, sereine de vivre, une fa\u00e7on solidaire, une fa\u00e7on o\u00f9 nous \u00e9tions relativement heureux, et on n&rsquo;attendait rien de l&rsquo;\u00c9tat. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;ann\u00e9e villageoise, saison apr\u00e8s saison<\/h3>\n\n\n\n<p>Je vais vous dire un petit peu quels \u00e9taient les \u00e9v\u00e9nements essentiels qui jalonnaient une ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;hiver et les veill\u00e9es<\/h4>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"836\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8-836x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1304\" style=\"aspect-ratio:0.8164139872684464;width:426px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8-836x1024.png 836w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8-245x300.png 245w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8-768x941.png 768w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8-1253x1536.png 1253w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8-1671x2048.png 1671w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8-220x270.png 220w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-8.png 1738w\" sizes=\"auto, (max-width: 836px) 100vw, 836px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">La gel\u00e9e blanche de novembre \u2014 Lucien Pou\u00ebdras<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>C&rsquo;est le d\u00e9but de l&rsquo;hiver. Les arbres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9s de leurs feuilles. La nuit \u00e0 la fois froide, claire et sans nuage a saisi le paysage tout entier. Les talus bois\u00e9s, suivant leur exposition, vont progressivement abandonner leur blancheur d\u00e8s que le soleil atteindra la cime des arbres. Le coupeur d&rsquo;ajonc est pr\u00e9sent, cette petite gel\u00e9e lui convient pour enrouler les mottes de bruy\u00e8re et ajonc. Au pied d&rsquo;un ch\u00eane, un petit feu r\u00e9chauffera sa soupe de lard \u00e0 midi. Son chien lui tient compagnie. Plus loin un autre coupeur se charge des fagots d&rsquo;ajonc destin\u00e9s \u00e0 chauffer le four \u00e0 pain. \u00c0 l&rsquo;inverse, le chantier \u00ab fagots \u00bb de ch\u00eane attendra l&rsquo;apr\u00e8s-midi, que les branches ne soient plus refroidies par le gel. Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, avec le d\u00e9clin du soleil, seuls les talus expos\u00e9s au nord garderont leur blancheur.<br>Lucien Pou\u00ebdras<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait d&rsquo;abord la partie d&rsquo;hiver, o\u00f9 on se retrouvait dans les \u00e9tables et dans l&rsquo;\u00e9curie, parce que c&rsquo;\u00e9tait le seul endroit o\u00f9 il faisait un peu chaud. On disposait beaucoup de paille, et on se lovait \u00e0 l&rsquo;aide de cette paille. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de nous \u00e9taient les b\u00eates, avec des plafonds bas. Au-dessus de ces plafonds, il y avait le foin. On avait donc trouv\u00e9 la fa\u00e7on de faire des endroits qui n&rsquo;\u00e9taient pas des ponts thermiques, puisqu&rsquo;on gardait la chaleur des animaux.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"837\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6-837x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1302\" style=\"width:430px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6-837x1024.png 837w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6-245x300.png 245w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6-768x939.png 768w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6-1256x1536.png 1256w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6-1674x2048.png 1674w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6-221x270.png 221w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-6.png 1814w\" sizes=\"auto, (max-width: 837px) 100vw, 837px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;heure de la traite \u2014 Lucien Pou\u00ebdras<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Ces veill\u00e9es \u00e9taient assez extraordinaires, parce que les conteurs que nous avions racontaient des gens qui avaient exist\u00e9 et qu&rsquo;ils avaient revus. Leur discours \u00e9tait tellement pr\u00e9cis, tellement clair, tellement imag\u00e9, apportant une certaine spiritualit\u00e9, qu&rsquo;on avait envie d&rsquo;y croire. C&rsquo;\u00e9taient des soir\u00e9es qui impr\u00e9gnaient l&rsquo;esprit d&rsquo;un enfant quand il pouvait y assister. Je me rappelle encore de certaines histoires.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La grande lessive de mai<\/h4>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s, il y avait la sortie de l&rsquo;hiver \u2014 le mois de mai. L\u00e0, les femmes prenaient leur brouette, leur lessiveuse \u00e0 champignon, et tout le linge qui s&rsquo;\u00e9tait sali pendant l&rsquo;hiver \u2014 que ce soit les draps, les sarraus, les tabliers \u2014 et se retrouvaient toutes au lavoir que vous connaissez. Elles se mettaient tout autour, avec leur battoir, leur savon, leur brosse et leur lessiveuse, o\u00f9 on allait nettoyer les grains. Il y avait du labeur, mais c&rsquo;\u00e9tait extr\u00eamement joyeux, et c&rsquo;\u00e9tait un \u00e9change tr\u00e8s fort \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du village.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"714\" src=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-9-1024x714.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1305\" style=\"aspect-ratio:1.4341812916047536;width:556px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-9-1024x714.png 1024w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-9-300x209.png 300w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-9-768x536.png 768w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-9-1536x1072.png 1536w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-9-2048x1429.png 2048w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-9-387x270.png 387w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Lavoir du Glevenay \u2014 Gilbert Fran\u00e7ois<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Les foins, les paluds et les vannes<\/h4>\n\n\n\n<p>Puis arrivaient les foins, en juin. Les meilleurs foins que nous avions venaient des paluds \u2014 ces terrains qui se trouvent au bas du Man\u00e9 B\u00e9go. Au bas du Man\u00e9 B\u00e9go, vous avez tous ces terrains. Certains sont, maintenant, plus ou moins en friche. J&rsquo;ai les pires difficult\u00e9s \u00e0 faire entretenir le mien, et je crois que je vais y renoncer pour des motifs que je vais vous donner tout \u00e0 l&rsquo;heure.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous r\u00e9coltions le meilleur foin qui soit \u00e0 ces endroits-l\u00e0, parce que nous avions un comportement tout \u00e0 fait particulier : \u00e0 partir du mois de septembre, on ouvrait les vannes situ\u00e9es sous la route qui relie Plouharnel \u00e0 Quiberon. Si vous vous promenez le long de la c\u00f4te, \u00e0 un moment vous penchez et vous voyez ces grandes vannes. On les ouvrait de fin septembre \u00e0 mars, ce qui veut dire qu&rsquo;\u00e0 toutes les mar\u00e9es \u2014 et aux mar\u00e9es d&rsquo;\u00e9quinoxe en particulier \u2014 la mer rentrait \u00e0 flot et envahissait tous les paluds. \u00c0 ce moment-l\u00e0, vous n&rsquo;aviez pas \u2014 et \u00e7a n&rsquo;a pas exist\u00e9 pendant cent ans \u2014 l&rsquo;invasion qu&rsquo;on voit aujourd&rsquo;hui de la baie, qui est en train de se refermer. Vous voyez bien qu&rsquo;il y a beaucoup de boue, beaucoup de plantes qui poussent. Tout \u00e7a n&rsquo;existait pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n&rsquo;ai jamais su, malgr\u00e9 toutes les questions que j&rsquo;ai pu poser, pourquoi on avait d\u00e9cid\u00e9 de fermer ces vannes de fa\u00e7on permanente, et pourquoi on n&rsquo;a pas laiss\u00e9 les choses se faire comme par le pass\u00e9 : nous \u00e9tions arriv\u00e9s \u00e0 tr\u00e8s bien entretenir ces lieux, et en particulier \u00e0 ne pas avoir ces fameuses plantes dont parlait Monsieur Moizan tout \u00e0 l&rsquo;heure, \u00e0 savoir le baccharis. Vous avez donc deux ph\u00e9nom\u00e8nes : celui de l&rsquo;envahissement, et celui de la baie qui, petit \u00e0 petit, va se fermer si on ne r\u00e9agit pas.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Le battage et la vente d&rsquo;oignons<\/h4>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui venait apr\u00e8s, c&rsquo;\u00e9tait le battage, au mois de juillet. L\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait une grande solidarit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du village, parce qu&rsquo;il nous fallait plusieurs chevaux pour tourner et faire fonctionner la batteuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Venait ensuite le mois de septembre. Comme nous \u00e9tions en polyculture, nous produisions des oignons et de l&rsquo;ail de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9. \u00c0 ce moment-l\u00e0, nous allions les vendre dans les terres : nous mettions ces chargements dans une charrette, attelions un cheval, et allions dans les terres. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas si loin que \u00e7a \u2014 on allait vers Plum\u00e9liau ou dans ces coins-l\u00e0 \u2014 vendre la production. C&rsquo;\u00e9tait une rentr\u00e9e financi\u00e8re. Le cheval savait aussi qu&rsquo;il s&rsquo;arr\u00eatait \u00e0 peu pr\u00e8s dans tous les bistrots qu&rsquo;il y avait. Et le cheval, je peux vous dire, il revenait plut\u00f4t tout seul. Il connaissait parfaitement la route, d&rsquo;autant qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque il n&rsquo;y avait pas de voiture sur ces routes.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"743\" src=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13-1024x743.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1309\" style=\"aspect-ratio:1.3781788351107465;width:522px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13-1024x743.png 1024w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13-300x218.png 300w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13-768x557.png 768w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13-1536x1114.png 1536w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13-372x270.png 372w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-13.png 1727w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sur la route (d\u00e9tail) \u2014 Lucien Pou\u00ebdras<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;irruption de la guerre<\/h3>\n\n\n\n<p>On verra d&rsquo;ailleurs que, quand la guerre va arriver, l&rsquo;\u00c9tat va nous demander un petit peu l&rsquo;impensable. La guerre s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e. Je ne vous dirai pas exactement quand : c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;automne ou au d\u00e9but de l&rsquo;hiver, je n&rsquo;en sais rien. Ma famille \u00e9tait en train de nettoyer de l&rsquo;ail sur la grande table de la pi\u00e8ce \u00e0 vivre, et tout \u00e0 coup les lumi\u00e8res se sont \u00e9teintes. Nous avons eu un bombardement tr\u00e8s fort, qui ne pouvait qu&rsquo;effrayer un enfant. Je n&rsquo;avais trouv\u00e9 qu&rsquo;une seule solution : aller sous la table.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 que les Allemands sont venus pour occuper le B\u00e9go et la falaise. Nous avons eu la surprise, le lendemain matin, de trouver, tu\u00e9 par un \u00e9clat, un li\u00e8vre devant la porte \u2014 ce qui laisse supposer qu&rsquo;il y en avait beaucoup \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sous l&rsquo;occupation allemande<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"764\" src=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12-1024x764.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1308\" style=\"aspect-ratio:1.3401810266882912;width:440px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12-1024x764.png 1024w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12-300x224.png 300w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12-768x573.png 768w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12-1536x1146.png 1536w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12-2048x1528.png 2048w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-12-362x270.png 362w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;observatoire \u2014 Gilbert Fran\u00e7ois<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Avec cette occupation, l&rsquo;\u00c9tat nous a mis dans l&rsquo;obligation de loger et de nourrir les Allemands. Pour le logement, en ce qui nous concerne, ils se sont d\u00e9brouill\u00e9s avec le B\u00e9go et la falaise, o\u00f9 ils ont construit \u00e9norm\u00e9ment en coupant beaucoup de bois, beaucoup de pins ; ils ont construit leurs baraques, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, les relations \u00e9taient \u00e0 peu pr\u00e8s correctes : ils venaient acheter leurs l\u00e9gumes, leurs \u0153ufs ; ils avaient un comportement correct \u00e0 notre \u00e9gard. Mais nous mettre dans l&rsquo;obligation de les loger et de les nourrir, quand on est \u00e0 la campagne et qu&rsquo;on arrive juste \u00e0 se suffire \u00e0 soi-m\u00eame \u2014 pas plus \u2014, \u00e7a a quand m\u00eame \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode tr\u00e8s dure.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il y a quelque chose que je souhaite \u00e0 toutes et \u00e0 tous, c&rsquo;est de ne jamais conna\u00eetre la guerre. On en a beaucoup en ce moment : il faut penser \u00e0 l&rsquo;Ukraine, \u00e0 Gaza, au Liban, au Soudan, aux Iraniens. Conna\u00eetre une guerre, c&rsquo;est la pire des choses.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes sept premi\u00e8res ann\u00e9es sont marqu\u00e9es par la guerre et l&rsquo;occupation par les \u00e9trangers. Quand ils \u00e9taient l\u00e0, nous parlions tous breton, pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas le moindre risque de compr\u00e9hension de nos propos.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La fin de l&rsquo;occupation et l&rsquo;\u00e9vacuation<\/h3>\n\n\n\n<p>Si vous le permettez, je vais passer \u00e0 la deuxi\u00e8me partie : quand les Allemands perdent. Vous savez que le dernier lieu qui sera lib\u00e9r\u00e9 s&rsquo;appelle la poche de Lorient \u2014 et nous en faisons partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand les Allemands ont commenc\u00e9 \u00e0 perdre la guerre, leur attitude \u00e0 notre \u00e9gard a compl\u00e8tement chang\u00e9 : elle est devenue tr\u00e8s brutale, \u00e0 partir du moment o\u00f9 un paysan du village a fait \u00e9vader deux Allemands dans une charrette de foin \u2014 soi-disant pour se rendre aux Anglais ou aux Am\u00e9ricains, ou pour d\u00e9serter (je ne connais pas le fin mot de l&rsquo;histoire). \u00c0 partir de ce moment-l\u00e0, les relations ont \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement tendues. Ils ne venaient plus acheter, ils se servaient ; et il fallait essayer de se taire, parce que sinon on avait tr\u00e8s vite une mitraillette sur le ventre.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai un souvenir d&rsquo;enfant : ma grand-m\u00e8re avait fait un petit far, qui \u00e9tait pos\u00e9 sur la table. Un Allemand entre \u2014 ils sont chez eux, puisqu&rsquo;on doit les loger et les nourrir \u2014, enl\u00e8ve son ceinturon, s&rsquo;assoit sur une chaise, prend le plat de far, le mange jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re bouch\u00e9e, reprend son ceinturon et s&rsquo;en va, sans bonjour, sans au revoir, sans rien. Ma grand-m\u00e8re n&rsquo;a pas dit un mot. Moi, j&rsquo;\u00e9tais dans un coin, je regardais avec de grands yeux \u2014 peut-\u00eatre d&rsquo;envie, je ne sais plus tr\u00e8s bien \u2014 mais je me souviens de ce ceinturon pos\u00e9 sur la table.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement difficile. On a commenc\u00e9 \u00e0 miner les maisons de Gl\u00e9venay \u2014 c&rsquo;est pour cela que ce sera le seul village d\u00e9truit. Les Allemands se sont install\u00e9s chez nous compl\u00e8tement, parce que nous \u00e9tions un peu sur la hauteur : \u00e0 partir d&rsquo;une des chambres situ\u00e9es dans la partie sup\u00e9rieure, on voit tr\u00e8s bien la mer, la c\u00f4te sauvage, le golfe bien s\u00fbr, mais aussi la falaise et le mur de l&rsquo;Atlantique. Donc nous avons \u00e9t\u00e9 vir\u00e9s de chez nous, tout simplement, et nous sommes partis \u00e0 Carnac.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous \u00e9tions aussi contents de partir, parce qu&rsquo;ils avaient commenc\u00e9 \u00e0 prendre les vaches et les chevaux. Les chevaux, au d\u00e9but, ils les faisaient travailler ; apr\u00e8s, ils les ont mang\u00e9s. C&rsquo;est un drame de ne plus avoir de cheval, parce qu&rsquo;on ne peut plus cultiver la terre. On ne peut plus faire de bl\u00e9 : donc on n&rsquo;aura plus de pain \u2014 et nous n&rsquo;aurons pas de pain pendant longtemps. On ne peut plus faire de pommes de terre, on ne peut plus avoir aucune culture, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas de cheval. Le cheval \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment majeur. Elle nous vient peut-\u00eatre de l\u00e0 ma passion, apr\u00e8s, pour l&rsquo;\u00e9quitation.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"695\" height=\"280\" src=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-10.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1306\" srcset=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-10.png 695w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-10-300x121.png 300w, https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-10-604x243.png 604w\" sizes=\"auto, (max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le 1er f\u00e9vrier 1945, un groupe de r\u00e9fugi\u00e9s ayant quitt\u00e9 Quiberon, sort de Plouharel et se dirige vers Carnac \u2014 Source <a href=\"https:\/\/www.materielsterrestres39-45.fr\">materielsterrestres39-45.fr<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La lib\u00e9ration et la reconstruction<\/h3>\n\n\n\n<p>Nous voil\u00e0 arriv\u00e9s \u00e0 la fin de la guerre. Je suis \u00e0 Carnac, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique, et nous allons danser sur la place Saint\u2011Corn\u00e9ly avec les enfants pour f\u00eater la fin de la guerre. Je ne me souviens pas de tout le reste, mais je me souviens de cette danse sur la place Saint\u2011Corn\u00e9ly.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous ne pouvez pas savoir ce que c&rsquo;est que de retrouver la libert\u00e9 quand vous avez \u00e9t\u00e9 occup\u00e9 pendant des ann\u00e9es \u2014 quand vous n&rsquo;avez plus eu votre libert\u00e9 d&rsquo;aller, de venir, de parler, de faire, de vivre. Et que tout d&rsquo;un coup, c&rsquo;est parti, vous la retrouvez. Vous \u00eates dans la joie, dans l&rsquo;enthousiasme, et vous n&rsquo;avez qu&rsquo;une envie : repartir, reconstruire, repartir de l&rsquo;avant. <\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela s&rsquo;est fait dans l&rsquo;enthousiasme. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 vivre dans des cabanes en bois ; les reconstructions des maisons que vous connaissez \u00e0 Gl\u00e9venay se sont faites entre 1949 et 1950. Ce sont, d&rsquo;ailleurs, de bonnes constructions, faites par un architecte de Vannes qui s&rsquo;appelait Guillou. Nous nous sommes mis \u00e0 reconstruire, et \u00e0 travailler avec ardeur.<\/p>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary>Note de Nicolas Demassieux : <\/summary>\n<p>il s&rsquo;agit tr\u00e8s probablement d&rsquo;<strong>Yves Guillou<\/strong> (1915\u20112004), n\u00e9 \u00e0 Plou\u00e9zec : architecte du G\u00e9nie rural du Morbihan de 1942 \u00e0 1947 ; agence ind\u00e9pendante \u00e0 Vannes \u00e0 partir de 1947 (active 50 ans) ;<\/p>\n<\/details>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce t\u00e9moignage de Mme Suzanne Belz, habitante de Glevenay, \u00e9t\u00e9 collect\u00e9 pendant l&rsquo;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;association de sauvegarde des chemins de Plouharnel, le 25 avril 2026. Les illustrations ont \u00e9t\u00e9 choisies et ajout\u00e9es par Nicolas Demassieux. Le cheval breton, c\u0153ur de la ferme Nous avions des postiers bretons : petits, r\u00e2bl\u00e9s, puissants. Finalement, c&rsquo;\u00e9tait la valeur s\u00fbre dans une ferme, parce que c&rsquo;est avec le cheval qu&rsquo;on fait les labours, c&rsquo;est avec le cheval qu&rsquo;on va porter le fumier pour&#8230;<\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/2026\/05\/04\/la-vie-a-glevenay-avant-la-guerre\/\">Lire la suite<span class=\"screen-reader-text\"> Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1309,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-1298","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1298"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1321,"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1298\/revisions\/1321"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1309"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chemins-de-plouharnel.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}